Les Nouvelles de la Boulangerie

Anne et Jocelyn Lohézic, boulangers à Paris dans le 17ème. Ou quand les bornes tactiles entrent en boulangerie

Quels sont les raisons qui vous ont amené à installer deux bornes interactives avec terminal de paiement dans votre boulangerie qui compte déjà deux caisses classiques ?

Je suis né dans la boulangerie de mon père où l’on ne fabriquait que du pain et de la viennoiserie le weekend. De nos jours, les produits se sont multipliés et il devient très compliqué d’avoir une connaissance parfaite de toutes nos recettes. Il nous faut donc un support informatique pour aller chercher toutes les informations en cas de besoin, comme pour la présence d’allergènes, par exemple. D’ailleurs, nos vendeuses ne sont pas toujours en mesure de répondre aux questions des clients sur les centaines de produits que nous vendons. Mais le vrai déclencheur de cet achat a été les démissions en cascade durant la pandémie et le manque d’étudiants à recruter à la rentrée de septembre. De ce fait, en choisissant de payer sur nos bornes interactives, le client ne monopolise pas de personnel de vente et il peut à la fois s’informer et effectuer son règlement avec la carte de son choix, sans avoir la sensation de perdre du temps.

Est-ce que la multiplication des modes de règlement a influencé votre décision d’installer ce nouvel équipement ?

Il est clair que la multiplication des moyens de paiement par carte et le sans-contact ont été deux des axes de notre réflexion, ainsi que la dématérialisation des tickets restaurants. Dans le passé, nous avions le choix entre espèces ou carte bleue et nous étions capables d’enregistrer un client toutes les 20 secondes entre midi et 14h00. Aujourd’hui, il faut compter une minute et les nouvelles technologies ont paradoxalement rallongé le temps de passages en caisse. J’ai deux caisses classiques équipées de TPE et la même carte peut être rejetée par l’un et acceptée par l’autre. Ne me demandez pas pourquoi !

Sur quel équipement s’est porté votre choix ?

Je me suis adressé à Menlog, une entreprise bretonne de Pont-l‘Abbé qui m’avait déjà installé mon système informatique. L’écran dispose d’un menu déroulant très intuitif relié à notre système central, ce qui nous permet d’avoir l’état des ventes pour chaque produit en permanence. Quand le dernier éclair au chocolat est vendu, il suffit d’effleurer 3 touches pour le désactiver sur la borne. Bientôt, le sans contact sera partout et on peut se demander si la vendeuse ou le vendeur apporte une réelle valeur ajoutée à l’opération d’encaissement.

On pourrait vous opposer que le métier d’artisan boulanger est proche des gens et devrait le rester…

Tout à fait et nous garderons toujours notre ADN de boulanger. D’ailleurs, la borne interactive reste à la marge depuis son installation, mais on voit bien que nous sommes au début d’un mouvement de fond. Certains clients, surtout les jeunes, ne nous parlent plus et ils préfèrent dialoguer avec une machine. L’interactivité leur donne la sensation de maitriser l’évènement, en passant au besoin plusieurs minutes sur la borne, sans avoir la sensation d’attendre.