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Beziat frères, de l’ambition pour deux

Titré MJB en 2011, Cédric Béziat a déjà un beau parcours professionnel.

Cédric et Loïc Beziat sont jumeaux. Le premier a suivi une solide formation en boulangerie, tandis que le second s’est spécialisé avec tout autant de succès dans la pâtisserie. Ils ont décidé de conjuguer leurs talents et d’ouvrir leur propre commerce à Cahors.

À 25 ans à peine, Cédric Beziat, titré aux MJB en 2011, a déjà un beau parcours dans le métier de boulanger. Associé à son frère jumeau Loïc, lui-même pâtissier, MAF 2012 (Meilleur Apprenti de France) en dessert de restaurant et champion du monde des Arts Sucrés en 2019 au salon Europain, l’artisan a fait le choix de s’installer à Cahors (Lot), sur le boulevard Gambetta, l’artère principale de la préfecture du Lot.

La famille Béziat et la boulangerie, c’est déjà une longue histoire puisque les parents de Cédric et Loïc sont boulangers à Gramat et pas moins de quatre de leurs oncles exercent ou ont exercé ce métier. « À l’âge de 15 ans, quand tout a commencé, nous avions déjà le projet de nous installer ensemble, mon frère et moi. Après avoir passé notre CAP à l’École des Métiers de Cahors, en alternance chez Patrick Iragne de la Bastide Murat, nous avons décidés de forger notre expérience chacun de notre côté et de nous retrouver le moment venu. J’ai passé une mention complémentaire à Villefranche-de-Rouergue (boulangerie Viguié) et j’ai enchainé sur un BP à Nantes, chez Eric Marché (Pain Beurre et Chocolat) », raconte Cédric Beziat.

Formateur à l’atelier M’alice

Le boulanger devient ensuite formateur à l’atelier M’alice (Minoterie Girardeau). Une période marquée par sa rencontre avec Mickaël Chesnouard (MOF boulanger), qui débouche sur une amitié qui dure encore aujourd’hui. Pendant ce temps, son frère Loïc part pour la Côte d’Azur où il va se constituer un solide bagage professionnel, notamment à l’hôtel Belles Rives de Juan-les-Pins.

En 2018, jugeant que l’instant est propice, les deux artisans se mettent en quête d’une boulangerie. Ils dénichent la perle rare avec ce superbe magasin de 220 m2 sur trois niveaux, dans la rue la plus commerçante de Cahors. « Nous visons le haut de gamme tout en restant raisonnables sur les prix. Tous les samedis, nous envoyons 350 à 400 petits gâteaux : tarte au citron, tarte aux marrons cassis, éclair au chocolat, millefeuilles, et le plus cher est à 4,20 €. Dans notre région, les habitants sont attachés à bien manger et ils sont d’accord pour dépenser de l’argent sans trop compter, pour un produit de haute qualité », observe Cédric Béziat. Au rayon pain, on trouve une belle tradition (pointage bac sur poolish) et beaucoup de pains rustiques : tourte de meule, tourte de campagne, tourte de seigle. La spécialité de la maison : le pain du « père Jouvent », un produit à base d’une variété ancienne de grand épeautre, et un clin d’œil au grand-père des deux frères. Tous les pains spéciaux de la boulangerie Béziat sont fabriqués à base de farines issues de l’agriculture biologique. L’offre en viennoiserie comporte tout la gamme classique feuilletée (beurre Charente-Poitou et farine type 45 Label Rouge) ainsi qu’un large gamme de brioches (de Noël aux fruits confits, vendéenne, à l’orange).

Fidéliser la clientèle

De l’ancienne boulangerie, Cédric Béziat a su fidéliser une bonne partie de la clientèle, provenant souvent des administrations avoisinantes de la préfecture du Lot. « On envoie 150 à 180 produits de snacking chaque jour et nous intégrons les pâtisseries à nos formules. Dans certains cas, il y un petit supplément de prix, mais les clients acceptent bien volontiers  de payer un peu plus cher », note Cédric. Outre les deux frères, la boulangerie en plein essor compte désormais deux vendeuses et trois salariés aux postes pâtisserie et snacking. Elle vient même d’être distinguée avec l’obtention de la bourse Lesaffre, un joli coup de pouce pour un commerce qui ne demande qu’à se développer. « Pour une entreprise, je pense que le nerf de la guerre, c’est une organisation rationnelle du travail avec du personnel motivé. Je considère que les jeunes professionnels devraient toujours garder une certaine ouverture d’esprit. Pour ma part, je suis élu au bureau de la Fédération départementale des Boulangers du Lot, parce que je considère que c’est grâce à ce que met en place la Confédération que j’en suis là où je suis aujourd’hui », insiste Cédric Béziat. La relève est bien là !

Texte : Frédéric Vielcanet