Les Nouvelles de la Boulangerie

Changement d’employeur et contrat de travail

Quels sont les effets d’un changement d’employeur sur les contrats de travail en cours dans l’entreprise ?

En principe, il n’y en a pas conformément aux dispositions de l’article L1224-1 du Code du travail. En effet, ce texte précise que « s’il survient une modification dans la situation juridique de l’employeur, notamment par succession, vente, fusion, transformation du fonds, mise en société, tous les contrats de travail en cours au jour de la modification subsistent entre le nouvel employeur et le personnel de l’entreprise ». Il faut noter que cette disposition s’impose aussi bien à l’employeur qu’au salarié.

Cette disposition a pour effet que le contrat se poursuit aux conditions antérieures au transfert et que le salarié conserve notamment sa qualification, sa rémunération et son ancienneté acquise avec le précédent employeur.

En revanche, il est possible d’apporter des modifications au contrat, voire de procéder à un licenciement, dans le respect des règles relatives à de telles modifications, dans la mesure où elles n’ont pas pour but de contourner les effets de l’article L1224-1.

L’article L1224-2 du Code du Travail précise que le nouvel employeur est tenu, à l’égard des salariés dont les contrats de travail subsistent, des obligations qui incombaient à l’ancien employeur à la date de cette modification. Toutefois, ce principe ne s’applique pas lorsque le changement d’employeur s’est effectué dans le cadre d’une procédure de règlement judiciaire ou de liquidation de biens ou de substitution d’employeur intervenue sans qu’il y ait eu de convention entre eux.

S’informer des obligations

Il est donc important que lors d’une reprise d’un fonds, le repreneur se soit bien informé auprès de son prédécesseur des éventuelles obligations qu’il aura à supporter vis-à-vis des salariés de l’entreprise.

Le dernier alinéa de l’article L1224-2 permet cependant de limiter le risque au seul repreneur car il précise que le premier employeur est tenu de rembourser les sommes acquittées par le nouvel employeur en application de l’alinéa précédent, sauf s’il a été tenu compte de la charge résultant de ces obligations dans la convention intervenue entre eux.

Par exemple, si un changement d’employeur s’effectue au 1er mars 2022 et qu’un salarié s’aperçoit le 1er avril qu’il n’a pas bénéficié de sa prime de fin d’année 2021, c’est le nouvel employeur en place au moment de la réclamation du salarié qui devra s’acquitter de son paiement au salarié. Cependant, le nouvel employeur pourra obtenir son remboursement auprès de son prédécesseur, sauf accord particulier entre eux.

Pour toute précision, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre groupement professionnel départemental.