Les Nouvelles de la Boulangerie

Internet. Créer sa boutique en ligne : mode d’emploi

Un site de commerce en ligne (ou e-commerce) permet de toucher une large clientèle et avec la crise de coronavirus, de plus en plus d’entreprises y ont recours. Ainsi, en 2019, la France comptait plus de 192 000 sites marchands actifs ayant réalisé un chiffre d’affaires de 103,4 milliards d’euros. De quoi attiser bien de convoitises. Toutefois, ouvrir une boutique en ligne demande de la préparation. Quel type de site faut-il privilégier ? Qui peut le créer ? Quelles sont les mentions obligatoires à y faire figurer ? Tour d’horizon des questions à se poser avant de se lancer.

Le type de site

En fonction de différents critères, comme la clientèle visée (vente entre professionnels ou « BtoB », vente aux particuliers ou « BtoC »…), le budget ou encore le temps disponible, plusieurs solutions s’offrent à vous en matière de présence sur le net.

Vous pouvez opter pour une véritable boutique en ligne, ou site marchand, accessible à tous et qui permet aux clients d’acheter et de payer directement sur Internet. Il est également possible de choisir un extranet réservé à vos clients, c’est-à-dire un site à accès sécurisé, avec possibilité de présenter votre catalogue, vos offres commerciales et de prendre des commandes. Autre solution, la mise en place d’un site « vitrine » qui présente les différents produits ou prestations proposés, sans possibilité d’acheter en ligne. Enfin, de plus en plus d’entreprises choisissent de créer une page sur un réseau social type Facebook pour promouvoir leurs produits ou prestations. Naturellement, il est bien sûr possible de combiner une boutique en ligne ou un site vitrine avec une présence sur les réseaux sociaux. C’est même bien souvent une des clés du succès.

La création d’une boutique

Si vous voulez ouvrir un site marchand, 3 grands types de solutions s’offrent à vous.

Vous pouvez utiliser une plateforme de vente existante, où il est possible d’ouvrir un compte professionnel. Vous pouvez aussi opter pour la location d’une solution e-commerce hébergée « clé en main », appelée également SaaS pour software as a service, auprès d’un prestataire spécialisé.

Enfin, vous pouvez également choisir de créer un site de A à Z, entièrement personnalisé, réalisé par un développeur, une agence web, ou encore par vous-même, ce qui nécessite des connaissances techniques et de gérer l’hébergement de votre site.

Si vous choisissez de passer par un prestataire, certaines précautions sont nécessaires. Ainsi, assurez-vous de garder la maîtrise de l’animation et de la mise à jour de votre site, sans devoir passer constamment par un intermédiaire. Veillez également aux droits d’auteur. « La conception du site web ainsi que les éléments contribuant à cette conception sont reconnues comme étant des œuvres de l’esprit protégées par le droit d’auteur », rappelle la DGCCRF. « C’est donc le prestataire lui-même qui est titulaire de ces droits de propriété intellectuelle, à moins qu’il en soit convenu autrement dans un contrat écrit. » Il vaut mieux demander au professionnel une cession des droits d’auteur, dès la conclusion du contrat, de préférence sur l’ensemble du site et pour une durée indéterminée.

Le nom du site

Tout site Internet est identifié par un nom de domaine, l’équivalent d’une adresse postale, mais sur Internet.

L’achat d’un nom de domaine se fait par le biais d’un bureau d’enregistrement. Vous pouvez également consulter l’outil de recherche de disponibilité de nom de domaine proposé par l’Association française pour le nommage Internet en coopération (Afnic). Veillez à ce que vous soyez bien le contact associé à votre nom de domaine, notamment si celui-ci a été acheté pour vous par un prestataire.

Les sites de e-commerce doivent généralement faire une déclaration auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), en raison du traitement de données personnelles liées au fichier clients. La CNIL parle de « norme simplifiée n°48 », concernant les « fichiers clients-prospects et vente en ligne ». De même, si votre site dépose ou lit des « cookies » (des « traceurs » déposés et/ou lus lors de la consultation d’un site) sur l’ordinateur des internautes, vous avez l’obligation de les informer de la finalité des cookies, d’obtenir leur consentement et de leur fournir un moyen de les refuser. La durée de validité de ce consentement est de 13 mois maximum.

Les mentions obligatoires

Votre site doit également faire apparaître un certain nombre de mentions. Ces dernières sont au nombre de huit :

– La raison sociale, la forme juridique, l’adresse de l’établissement ou du siège social et le montant du capital social pour une société ou bien votre nom, votre prénom et votre domicile si vous êtes entrepreneur individuel ;

– Une adresse mail et un numéro de téléphone ;

– Le nom du responsable de la publication ;

– le numéro d’inscription au registre et du commerce et des sociétés (RCS) et le numéro de TVA intracommunautaire ;

– Les coordonnées de l’hébergeur du site ;

– Les conditions générales de vente (CGV) : prix en euros TTC, frais et délais de livraison, modalités de paiement, droit de rétractation… ;

– Le numéro de déclaration simplifiée obtenu auprès de la CNIL ;

– Les éventuels éléments spécifiques selon votre statut (numéro d’inscription au répertoire des métiers pour une activité artisanale, règles professionnelles pour les professions réglementées…).

Paiement et fiscalité

Il existe de nombreux moyens de paiement que vous pouvez proposer à vos clients, en fonction de vos produits ou prestations (prix, caractéristiques), ou de votre zone de chalandise par exemple.

Il est bien entendu possible de cumuler différentes solutions de paiement avec par exemple : la carte bancaire, le chèque, le virement bancaire ou postal, les porte-monnaie virtuels type Paypal ou Paylib, les solutions de paiement par audiotel ou SMS, les cartes prépayées, les cartes privatives, le prélèvement…

Concernant la fiscalité, si votre site a été créé par un prestataire, il constitue « un élément de l’actif immobilisé de votre entreprise », explique la DGCCRF. « Les dépenses liées à cette acquisition doivent être comptabilisées dans un poste d’immobilisations incorporelles et amorties sur une durée qui ne doit pas dépasser cinq ans. » Sauf si vous optez pour le régime de l’amortissement exceptionnel sur douze mois.

En revanche, si vous avez créé vous-même votre boutique en ligne, « les dépenses correspondant à la phase de développement et de production du site peuvent être inscrites à l’actif de l’entreprise ». À condition de respecter certains critères : capacité d’utiliser ou de vendre le site, création d’avantages économiques futurs, ressources techniques suffisantes pour assurer la création du site…

En bref, si le commerce en ligne représente un facteur intéressant pour le développement d’une entreprise, ce dernier nécessite un projet murement réfléchi pour être en conformité avec la législation et bénéficier au mieux de ses avantages et retombées économiques.