Les Nouvelles de la Boulangerie

Décès : Hommage à André De Guibert, ancien directeur de l’Institut National de la Boulangerie

Ancien Directeur de l’INB (Institut de National de la Boulangerie), André De Guibert est décédé le 8 octobre 2016 dans sa 95e année. Ses obsèques ont eu lieu le 11 octobre à Veilhes (Haute-Garonne). Hommage des membres du Bureau de l’Association des Anciens de l’INB…

Il était la référence ! Plus que directeur il fut pour ses élèves l’autorité morale de l’Institut National de la Boulangerie.

Ses obsèques ont eu lieu à Veilhes (Haute Garonne) le 11 Octobre 2016 à l’âge de 95 ans.

Dans le cadre de l’Institut National de la Boulangerie, à Rouen, André De Guibert a collaboré et organisé la formation complémentaire des jeunes professeurs de boulangerie. Ceux-ci allaient assurer ensuite la formation des jeunes apprentis en CFA ou Lycée professionnel.

Témoin d’une époque, aujourd’hui révolue, il a eu le souci de transmettre, non seulement ses connaissances, mais aussi ses valeurs morales.

En Aout 1982, il célébrait son départ à la retraite, entouré par nombre de ses anciens élèves. Il passait le relais à Gérard BROCHOIRE pour diriger cet institut en pleine croissance, et c’est suite à ce rassemblement que sous sa discrète mais engageante impulsion a été créée l’association des anciens de l’INB : l’AAINB.

Suite à cela il témoignait : « Je voulais vous dire encore quel réconfort a constitué pour moi votre fête du 29 août ; à mon âge on se pose des questions sur l’usage que l’on fait de sa vie. En travaillant à l’INB j’essayais de vous être utile à vous tous, c’était mon seul objectif et je suis heureux que vous l’ayez ressenti. »

Et au sujet de la création de notre association : « Je la souhaitais beaucoup depuis longtemps, mais je me suis attaché à ne rien faire pour la provoquer. Il fallait que l’initiative vienne de vous-mêmes. L’Association doit être à vous et rien qu’à vous ».

Durant les années qui suivirent, il garda un œil bienveillant sur notre groupe et nous prodigua quelques précieux conseils : « L’Association, c’est un groupement destiné à perpétuer et resserrer les liens d’amitié, plus qu’un organisme professionnel, sans que cela exclue cependant des apports utiles pour votre travail. »

« Etant donné votre dispersion sur l’ensemble du pays et vos occupations il ne sera sans doute prévu que des activités limitées. Mais raison de plus pour y participer pleinement. Les satisfactions que vous apportera l’Association seront à la mesure de l’engagement de tous ses membres ».

En octobre 2006, nous avons voulu lui témoigner notre gratitude, ainsi lors d’une assemblée générale à Toulouse, nous lui avons remis une médaille de reconnaissance, lui rappelant ainsi qu’il fut un accompagnateur hors pair sachant écouter et conseiller, car il était apprécié par tous les élèves qui sont passés à l’INB (Institut National de la Boulangerie).

Jusqu’à son dernier souffle, il a suivi avec intérêt et attachement les activités de notre association. Ainsi en 2013, il nous adressait ce message : « Je n’oublie pas que vous êtes en plein préparatifs de votre AG et je penserai spécialement à vous tous, connus ou inconnus, ce jour-là. La Boulangerie reste la période essentielle de ma vie professionnelle et riche de précieux souvenirs à me remémorer. Je vous souhaite une pleine réussite, bien méritée par tous vos efforts que votre équipe déploie depuis si longtemps. C’est vrai qu’il n’y a plus beaucoup de « très anciens » dans l’effectif, mais cela prouve que c’est l’image d’une pâte bien fermentée, Dans quelques années il n’y aura plus aucun ancien de l’époque héroïque mais l’association sera toujours vivante et avec, j’espère bien, le même esprit, et elle aura permis à tous de suivre l’évolution du métier et de s’y adapter. Il faut penser au nombre d’apprentis qui, aujourd’hui, sont passés entre les mains des professeurs de boulangerie depuis plus de 30 ans !!!»

Aujourd’hui l’AAINB est orpheline, André De Guibert restera dans le cœur de tous les anciens. Nous partageons la douleur des siens et des personnes qui l’ont côtoyé.

Un homme très apprécié

Premier Directeur de l’Institut National de la Boulangerie, M André de Guibert était l’initiateur de l’idée de la création de l’AAINB. Accompagnateur hors pair sachant écouter, conseiller et proposer, il était apprécié par tous les élèves qui passaient à l’INBP.  Il restera près de notre cœur et nous partageons la douleur des siens et des personnes qui l’ont côtoyé.

Alain Désiré Marie, Président de l’AAINB

Quand modestie rime avec compétence et qualités humaines

Dans sa fonction de Directeur de l’INB, André de Guibert a toujours fait preuve d’une grande conscience professionnelle, d’un sérieux non dénué d’une pointe d’humour et d’une grande persévérance pour atteindre les objectifs fixés et il en fallait à cette époque où tout était à inventer dans la formation boulangère !

Entre 1973 et 1982, j’ai souvent eu l’occasion de collaborer avec lui notamment pour la conception de documents pédagogiques. Satisfait de cette collaboration, il a proposé ma candidature pour lui succéder et c’est ainsi qu’il m’a permis de continuer cette belle aventure avec une lettre de plus car l’INB est devenu INBP à cette occasion.

De la date de ma prise de fonction jusqu’en 2015, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec lui chaque année, la justesse de ses jugements et son acuité intellectuelle m’ont souvent impressionné.

J’ai toujours été frappé également par sa grande modestie qui prend d’autant plus de relief de nos jours où l’affichage prime trop souvent sur la réalité des compétences.

J’ai eu l’occasion de lire récemment cette phrase d’un chargé de mission d’un grand cabinet de recrutement : « Dans un monde qui bouge, les connaissances professionnelles d’un candidat peuvent devenir obsolètes, les qualités humaines, elles, sont pérennes ».

Au-delà de ses connaissances, André a su transmettre sa passion pour la boulangerie, son sens du service et le goût de l’action collective qu’il avait précédemment déployé en tant que secrétaire général de la Fédération des boulangers de Seine maritime.

Sans lui l’association des formateurs n’aurait sans doute pas vu le jour et c’est grâce à l’esprit qu’il a inculqué à chacun au gré des promotions que la nécessité de l’engagement collectif est devenu une évidence pour tous.

Merci André pour m’avoir permis de passer 30 années passionnantes au service des boulangers-pâtissiers, merci aussi au nom de tous ceux à qui vous avez permis de trouver leur voie.

Pour vous un stagiaire n’a jamais été un numéro encore moins un chiffre d’affaires mais une personne humaine dans toute sa complexité où désir et réalité doivent s’accorder pour aboutir à l’épanouissement personnel qui génère ensuite cette capacité d’empathie si nécessaire dans la transmission des savoirs.

Gérard Brochoire, ancien directeur de l’INBP