Les Nouvelles de la Boulangerie

Encaissement sécurisé : Une solution à un vrai problème ?

Chaque jour, les boulangers manipulent une masse imposante de pièces et de billets. En fin de journée, les opérations de comptage sont fastidieuses et dans le feu de l’action, des erreurs de caisse peuvent toujours survenir. L’installation d’un système d’encaissement sécurisé supprime ces inconvénients et règle du même coup les problèmes d’hygiène et de sécurité.

Pour Pascal Perrotin, boulanger boulevard Murat (Paris 16°), les rouleaux de pièces de monnaie et les fonds de caisse ne sont plus que des lointains souvenirs. Depuis quelques mois, son commerce est équipé d’un système d’encaissement sécurisé « ICash » (*). « J’utilisais déjà le logiciel de gestion. Compte tenu des atouts du système ICash entièrement compatible, j’ai décidé de m’équiper. C’est un investissement important et j’ai acheté  le système en crédit-bail, avec un contrat de maintenance pour garder l’esprit tranquille » explique le boulanger. Le nouveau système d’encaissement entièrement automatisé est intégré au meuble de caisse sans en dénaturer l’aspect général.

Chez Pascal Perrotin, les manipulations d’argent sont désormais effectuées exclusivement par le client. Celui-ci fait face à un avaleur de billet et un échangeur de pièces équipé pour recevoir de la monnaie en vrac. Le système piloté par un logiciel « intelligent » recycle en permanence les pièces. Il scanne les tickets restaurant et écarte les faux billets. Le programme d’encaissement analyse en permanence les niveaux des pièces et des billets de banque stockés pour rendre la monnaie de façon optimale et limiter les effets d’accumulation (2780 pièces et 660 billets au maximum protégés dans un module intégré au meuble d’encaissement). Autres avantages décisifs : l’hygiène est parfaitement respectée et la suspicion éventuelle vis-à-vis des employés ne peut pas être de mise. Pour Franck Lojowski, directeur d’OMC-Gervais dans la région sud, ICash est particulièrement adapté à l’univers de la boulangerie compte tenu du montant du panier moyen: « Le fonds de caisse est paramétré dés l’installation du système et quand la vendeuse arrive le matin, la caisse est prête à fonctionner. Lors de la collecte de l’argent, toutes les valeurs supérieures au montant du fonds de caisse viennent s’empiler dans une cassette fermée, accompagnées d’un ticket qui indique la répartition par sortes de billet. Du coup, la remise à la banque est grandement facilitée ! ». Adeline Lestradet, vendeuse depuis 6 ans chez Pascal Perrotin est une utilisatrice convaincue par le nouveau système d’encaissement. Désormais la jeune femme n’a plus à vérifier sa caisse à la prise de poste ou à recompter sa recette en fin de journée. « Initialement j’avais été formée à servir avec la main droite et rendre la monnaie avec la main gauche pour des raisons d’hygiène. C’est assez contraignant de devoir se laver les mains régulièrement tout au long de la journée. Avec le nouveau système d’encaissement, c’est beaucoup plus facile. Au début les clients étaient un peu impressionnés par cette machine. Mais comme les vendeuses sont plus disponibles, elles ouvrent la discussion avec eux et ils ont rapidement trouvé leurs marques » explique Adeline. Dans la boulangerie du boulevard Murat qui sert près de 600 personnes par jour, près de 25% des clients bénéficient de la carte de fidélité : Prépaiement, avoirs ou points cadeaux, tout est géré par le système ICash, grâce à la carte à puce qui crée de l’argent dématérialisé. « Fini les pièces de 2 centimes ou 5 centimes. Depuis que nous avons installé le système, nous ne remettons plus en banque que des billets et nous gardons un niveau constant de monnaie en caisse » observe Nicolas Perrotin satisfait de son acquisition. L’investissement à réaliser (20 à 25 000 euros à l’achat et de 540 à 600 euros par mois en location) réserve toutefois cet équipement à des commerces réalisant plus de 400 000 euros de chiffre d’affaires.

 

Texte et photos Frédéric Vielcanet

(*) ICash est un système développé par le groupe OMC-Gervais sur une base Wincor Nixdorf. En savoir plus: www.omc.gervais.fr

Le système « CashGuard »

La société « CashGuard » a elle aussi développé un système d’encaissement sécurisé. Face à cet équipement, le client introduit lui-même les pièces de monnaie dans l’échangeur  « CashKeeper ». Dans ce système un peu différent, la vendeuse continue à « garder la main » sur les billets de banque que le client lui remet. L’échangeur rend la monnaie en recyclant les pièces. Là aussi, les montants encaissés sont automatiquement enregistrés par le logiciel de gestion. (en savoir plus: cashguard.relance.fr)

L’argent est-il vraiment sale ?

Chaque jour, des millions de billets de banque et des tonnes de pièces de monnaie changent de mains. Si le métal ne semble pas favoriser outre mesure la prolifération des germes, selon certaines études les billets constitueraient un environnement favorable pour la survie des bactéries et des virus. Ils pourraient même être un des vecteurs de la grippe en période de pandémie (selon une étude suisse de 2007, un virus de la grippe pourrait survivre plus de 2 semaines dans certaines conditions favorables). Les employés des commerces alimentaires manipulent des produits destinés à la consommation et encaissent souvent l’argent, sans précautions particulières. Les boulangers sont sensibilisés aux problèmes d’hygiène et leur personnel est formé pour limiter ces inconvénients au maximum. Cependant les risques de contamination persistent notamment à cause de la manipulation conjointe de produits de consommation alimentaire et d’argent.