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Finale MOF 2018

12 boulangers briguent le col bleu-blanc-rouge 2018

Le titre de Meilleur Ouvrier de France est certainement le plus convoité par les artisans boulangers adeptes des concours. C’est aussi le plus difficile à obtenir, par l’éventail de compétences exigées dans une épreuve individuelle. Douze candidats se sont donné rendez-vous du 22 au 26 octobre à l’Université des Métiers de Bayonne, pour la phase finale de l’édition 2018 accompagnée par la Confédération.

L’aboutissement de longs mois d’entraînement

On pourrait entendre une mouche voler dans le laboratoire du CFA de Bayonne, tant la concentration est à son comble. C’est le jour J pour les candidats de la finale des MOF 2018, classe boulangerie. Depuis l’aube, les artisans s’activent dans un silence de cathédrale, à reproduire à la perfection des gestes minutés et maintes fois répétés pendant de longs mois d’entrainement. Autour d’eux, les membres du jury circulent chuchotant à voix basse, tout en prenant des notes conservées jalousement à l’abri des regards indiscrets. Jérôme Castanchoa, enseignant en boulangerie du CFA est, quant à lui, sur des charbons ardents. Après des semaines de préparation, il doit s’assurer que tout se déroule bien, tout au long de la compétition. Une première pour l’Université des métiers de Bayonne qui n’a jamais accueilli auparavant un concours national à ce niveau d’excellence.

Un mental d’acier pour donner le meilleur de soi-même

Obtenir le titre de « Un des Meilleurs Ouvriers de France », c’est une forme de consécration par la reconnaissance de ses pairs, mais surtout un face à face avec soi-même dans un concours individuel où la moindre erreur peut être fatale. Tout le monde le sait, il n’y aura pas de seconde place. Un mental d’acier sera primordial pour parcourir un chemin semé d’embûches et de difficultés techniques, jusqu’au titre de MOF en boulangerie. « Certains se font coacher et suivent des formations, d’autres cherchent des soutiens psychologiques ou font de la sophrologie pour surmonter le stress de la compétition. Mais en participant à ce concours, il faut intégrer d’emblée les difficultés auxquelles on va se retrouver confronté. Pendant 3 jours, les candidats dorment peu. Ils doivent pourtant rester en pleine possession de leurs moyens et donner le meilleur d’eux-mêmes jusqu’au bout de l’épreuve », résume Christian Vabret (MOF 1986), le président du Jury. Pièce artistique, pains de tradition et pains spéciaux, viennoiseries, amuse-bouches salés, goûter sucré, produits de restauration nomade, pour atteindre ou dépasser la note fatidique de 16/20 qui permet d’accéder au titre de MOF, le candidat doit faire preuve d’initiatives et commettre un sans faute. « Tous les 3 ans, on constate avec satisfaction que des candidats innovent avec des produits très originaux. On a vu ainsi la viennoiserie évoluer avec le croissant bicolore par exemple. Le rôle des MOF est aussi de rendre à la profession ce qu’elle leur a donné en leur décernant ce titre », note Christian Vabret. Les résultats de l’édition 2018 du concours seront proclamés à la fin de cette année ou au début de 2019.

 

Frédéric Vielcanet

Programme complet de la finale des épreuves accessible à https://www.meilleursouvriersdefrance.org/uploads/documents/sujet-final-boulangerie.pdf

Le Jury du concours présidé par Christian Vabret.

Photos : Frédéric Vielcanet