Les Nouvelles de la Boulangerie

France compétences. Coup de chaud sur le financement de l’apprentissage

Alors que la profession peine à recruter, de nouvelles inquiétudes pointent du côté de France compétences qui se trouve dans une situation financière périlleuse que pointe du doigt l’Union des Entreprises de Proximité (U2P). « France Compétences semble suivre une fausse bonne piste en prévoyant, sur la base d’informations peu fiables et contestables, de réduire dans certains cas fortement les montants accordés aux organismes de formation pour former un apprenti, les fameux coûts-contrats. Comme le prévoit la loi, ceux-ci ont initialement été définis par les branches professionnelles. Leur révision à la baisse remettrait en cause le rôle accordé aux branches professionnelles et risquerait d’assécher rapidement en compétences de nombreuses professions qui souffrent déjà de pénuries de main d’œuvre, telles que les métiers de l’alimentation. Le projet de France compétences d’abaisser les coûts contrats serait contraire à cinq années de politique gouvernementale et laisserait se développer les dérives dépensières de certaines grandes écoles en matière d’apprentissage, dérives récemment pointées du doigt par la Cour des Comptes. », s’inquiète l’U2P alors que les entreprises de proximité forment aujourd’hui la moitié des apprentis du pays.

De ce fait, l’U2P rappelle que la solution pour sécuriser le financement de l’apprentissage ne doit pas consister à faire des économies sur l’outil même de formation (enseignants, équipements techniques, bâtiments…).

Face à cette situation tendue, l’organisation professionnelle se fait force de proposition autour de cinq solutions :

– Exclure du champ des aides à l’apprentissage les entreprises de plus de 250 salariés ;

– Faire en sorte que les secteurs qui aujourd’hui embauchent des apprentis mais ne contribuent pas à l’apprentissage, participent à son financement ;

– Accepter que l’État contribue aussi à ce dispositif de formation initiale au même titre qu’il co-finance les formations sous statut scolaire, d’autant plus que l’augmentation du nombre d’apprentis s’est traduite par une baisse des effectifs dans les lycées et dans l’enseignement supérieur ;

– Réduire les coûts contrats pour les établissements publics bénéficiant déjà de financements de l’État ;

– Revoir la méthode de détermination des coûts contrats en prenant mieux en compte les politiques sectorielles dans les arbitrages de France compétences.