Les Nouvelles de la Boulangerie

Interview : Xavier Bordet, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes

« Mon projet est d’avoir une région forte où les adhérents de tous les départements bénéficieront des mêmes prestations »

Pourriez-vous nous présenter les spécificités de la région Auvergne-Rhône-Alpes ?

Composée de 12 départements, c’est l’une des plus grandes régions. Même si elle compte autant de territoires urbains que ruraux, les espaces sont très différents les uns des autres. L’écart est ainsi très grand entre la Haute-Savoie enregistrant une grande activité saisonnière où en en pic d’activité, 60 salariés peuvent être employés dans 2 à 3 boutiques, et des territoires très ruraux où les boulangeries fonctionnent de façon plus traditionnelle avec seulement le mari et la femme.

Cela fera un an le 6 décembre prochain que vous avez été élu à la présidence de la région. Quel premier bilan dégagez-vous ?

On a tous travaillé ensemble pour refonder la Région qui recommence à bien fonctionner. Nous œuvrons pour que les adhérents bénéficient des mêmes prestations dans tous les départements d’ici à 4-5 ans. Cette harmonisation des prestations offertes s’accompagnera d’une harmonisation des cotisations. Dans l’Allier où il n’y avait plus de syndicat professionnel, nous venons, en l’espace de deux mois, avec l’aide de la Confédération, de retrouver une vingtaine d’adhérents parmi les 175 boulangers du département. La difficulté que rencontrent les Fédérations départementale est de se faire connaître auprès de l’artisanat, notamment des jeunes arrivants. Il est pour nous essentiel de mettre en lumière les plus-values apportées par un syndicat patronal qui porte les valeurs de la boulangerie-pâtisserie artisanale.

A quelles difficultés êtes-vous confronté ?

Il est difficile de recruter du personnel aussi bien en fabrication qu’en vente et, par conséquent, également des jeunes pour reprendre les fonds de commerce. On sait que sur 10 fonds en vente, seulement 2 se vendront dans les 6 mois.  Pire, l’année dernière dans le Puy-de-Dôme, 6 fonds rentables se sont fermés, faute de repreneurs. Avec une forte proportion (40 %) de chefs d’entreprises artisanales actuellement âgés de plus 50 ans, ce phénomène ne peut que s’accélérer dans les années à venir et il est important de s’en préoccuper.

Quels sont vos combats et projets ?

Nous avons en commun, avec plusieurs autres régions, le combat sur la fermeture hebdomadaire, pour laquelle une majorité de boulangers est favorable. Il est regrettable que les préfectures et les mairies ne s’intéressent pas davantage à ce dossier ; il est tout autant dommage qu’en présence d’un arrêté valide non respecté, il faille attendre plus d’un an que la justice fasse son travail. A un moment donné, il faudrait une politique claire et précise par rapport au 7/7 !

Mon projet, comme je l’ai dit plus haut, est d’avoir une région forte où les adhérents de tous les départements bénéficieront des mêmes prestations.

Le rôle de la Région est aussi d’aider les artisans des départements à communiquer sur leurs produits, et d’être un relai pour faire remonter au niveau national les soucis et attentes des collègues.