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Les Français et le gluten en 2019

Après celle de 2015, Initiative Gluten a réalisé en 2019 une deuxième mesure pour son baromètre « Les Français et le gluten ». Tantôt rassurants, tantôt surprenants, les résultats de cette nouvelle enquête, conduite auprès d’un échantillon représentatif de la population et de professionnels de santé français, permet de comprendre de plus en plus finement le regard que chacun peut porter sur le gluten, et l’évolution de cette perception depuis la première étude.

Suivant la même méthodologie qu’en 2015, Initiative Gluten s’est intéressée à la perception du gluten par le grand public grâce à un échantillon représentatif de la population française adulte d’un peu plus de 1000 personnes, et de 258 professionnels de santé représentatifs de la diversité des spécialités médicinales en France.

L’état des connaissances

En 2015, 95% des Français interrogés avaient déjà entendu parler du gluten. En 2019, ils sont 97% à en connaitre l’existence. Pour autant, le grand public comme les professionnels de santé se sentent moyennement informés sur le sujet (note moyenne donnée en 2019 : 5,6/10 pour le GP et 6,2/10 pour les pros de santé). Cette plus large sensibilisation n’est donc pas forcément synonyme d’une meilleure connaissance du sujet.

Ainsi, si en 2015, 40% des répondants faisaient le rapprochement entre gluten et protéines, ils ne sont plus que 18% à faire ce lien en 2019. Pour autant, une majorité de Français (72%), notamment les plus seniors (79%), sait que le gluten est un des composant naturel de certaines céréales. Le blé est par ailleurs la céréale la plus associée spontanément au gluten.

En revanche, près de la moitié (48%) des Français (contre 65% en 2015) et près de deux tiers (63%, contre 60% en 2015) des professionnels de santé pensent que le gluten est aujourd’hui plus présent dans notre alimentation.

On peut noter, in fine, que le grand public et les professionnels de santé associent les mêmes principaux aliments au gluten comme le pain frais, la farine ou encore les pâtes.

Toutefois, aussi répandues que soient les discussions autour du gluten, les Français (à l’exception des personnes atteintes d’une pathologie liée au gluten) n’en modifient pas pour autant leurs habitudes alimentaires. Ils sont ainsi 92% à déclarer ne pas avoir modifié leurs habitudes de consommation bien qu’ils aient été sensibilisés sur le sujet du gluten (contre 94% en 2015).

En 2019, les principales sources d’informations sur le gluten sont la télévision (59%, +7 points vs 2015) et l’entourage (45%, stable vs 2015), et constituent les premiers vecteurs d’information sur le gluten pour le grand public. L’information relayée par un professionnel de santé reste minoritaire, bien que la majorité d’entre eux (79%, +8 points vs 2015) a déjà été spontanément interrogée sur le sujet du gluten au cours d’une consultation.

Une opinion contrastée

Dans leur immense majorité, les Français (71%) et les professionnels de santé (86%) partagent un avis neutre ou positif sur le gluten. Certaines spécialités de santé néanmoins, et plus particulièrement les homéopathes, naturopathes, ostéopathes et kinésithérapeutes, ont une opinion plus tranchée et plus négative sur le gluten (vs les médecins généralistes).

Enfin, bien qu’ils conservent un avis neutre sur le sujet, les professionnels de santé sont de plus en plus nombreux (87%, contre 71% en 2015) à penser que le « sans gluten » est un argument marketing et un phénomène médiatique (86%, vs 68% en 2015). Néanmoins, 66% estiment malgré tout que ce régime peut répondre à de vrais problèmes d’intolérance autrefois mal diagnostiqués.

On note ainsi une distorsion importante entre les Français qui, lorsqu’on les interroge, se déclarent intolérants, allergiques ou hypersensibles à des niveaux 2 à 3 fois supérieurs au seuil de 5% communément avancé par les experts. 

Et si, dans le cas de l’hypersensibilité au gluten non cœliaque (HSGNC) plus particulièrement, 63% des professionnels de santé déclarent constater une augmentation du nombre de cas (rapportés), cette montée de l’HSGNC pourrait s’expliquer d’après eux par :

– En premier lieu, un effet de mode (32% contre 11% en 2015) ;

– L’évolution de la composition des produits (31% vs 21%) ;

– L’évolution des pratiques alimentaires (22% vs 19%) ;

– L’évolution de l’agriculture et des blés cultivés (19% vs 25%) ;

– Et enfin certains professionnels citent les progrès en termes de diagnostic (8% vs 15%).

Concernant le régime sans gluten, 52% (vs 59% en 2015) des professionnels de santé interrogés l’ont déjà conseillé au moins une fois à un patient afin de traiter des troubles digestifs et/ou des allergies/intolérances au gluten. Cependant, par rapport à 2015, les médecins semblent pousser davantage la démarche de diagnostic avant de conseiller un régime sans gluten.

Quant à leur perception de ce régime, les médecins généralistes semblent plus sceptiques que les spécialistes au regard des risques de déséquilibre alimentaire et de carences potentielles s’il n’est pas correctement prescrit ou suivi. Les seconds sont eux plutôt convaincus qu’un tel régime aide à mieux digérer, ou tout simplement se sentir mieux.