Les Nouvelles de la Boulangerie

Ma part du gâteau… Une boulangerie solidaire

À Nantes, Richard Ponthou a changé de métier pour ouvrir une boulangerie unique dans l’Ouest. Fabrication artisanale, insertion par le travail et développement durable…bienvenue à « Ma part du gâteau » !

« Vous entrez dans une boulangerie solidaire (…) Une entreprise qui vise à être rentable tout en apportant sa contribution sociale ». D’entrée de jeu les mots, apposés à l’entrée de « Ma part du gâteau » donnent le ton. La boutique neuve et moderne est ouverte depuis l’été 2015. Elle contente, du lundi ou vendredi, une clientèle essentiellement de bureaux, qui a la possibilité de s’installer dans le grand espace de restauration de la boulangerie, pouvant accueillir jusqu’à 60 places assises. « En hiver, c’est réconfortant d’avoir la possibilité de s’attabler dans une boulangerie pour manger un plat chaud » lance Richard Ponthou, le gérant.

C’est quoi, une boulangerie solidaire ? « Ma part du gâteau est une entreprise d’insertion, conventionnée et financée par l’Etat pour l’embauche et l’accompagnement vers l’emploi durable de salariés en insertion » explique Richard Ponthou. Après dix ans de travail dans le marketing et 7 dans le conseil et la formation, l’homme éprouve le besoin de changer d’activité. « J’étais en perte de sens dans mon travail, j’avais envie de faire un métier socialement utile » poursuit-il. Accompagné d’une conseillère en reconversion et après des heures de recherches sur la toile, un concept chemine dans son esprit, jusqu’à s’imposer totalement à lui. Il souhaite créer une boulangerie solidaire, responsable et artisanale, sur le modèle de la boulangerie Farinez’vous à Paris. « Proposer des produits de qualité en contribuant à l’insertion d’hommes et de femmes par le travail, tout en veillant à réduire son empreinte écologique, cela fait sens », d’après Richard.

Faire sa part du gâteau

Douze personnes sont salariées de la boulangerie, dont six en contrat d’insertion. « Ils peuvent rester de quatre mois à deux ans chez nous. L’idée n’est pas qu’ils s’éternisent, mais de leur proposer un véritable accompagnement de retour vers l’emploi » indique Richard Ponthou. Une conseillère en insertion professionnelle salariée de la boulangerie aide les travailleurs en insertion dans ce sens. Côté mobilier et vaisselle, la plupart ont été récupérés auprès d’association de réemploi et de réutilisation d’objets. À côté des valeurs solidaires et responsables prônées par la boulangerie, le gérant insiste sur la valeur artisanale de sa boulangerie. « La seule manière de se différencier aujourd’hui est de proposer des produits fait-maison et de qualité. L’artisanal s’inscrit dans un rapport respectueux de l’homme et de la valeur travail, la dimension sociale et humaine y est forte ». Pour y parvenir, un boulanger et un pâtissier ont été embauchés pour garantir la qualité des produits. La figure de la boulangerie bio, le MOF Franck Dépériers s’est porté parrain de Ma part du gâteau. « Ça marche bien pour le moment. Nous sommes bénéficiaires sur cette première année. Nous essayons de faire notre part du gâteau, et ça marche ! » s’enthousiasme Richard Ponthou. Il rapporte qu’il a trouvé l’idée du nom de sa boulangerie dans l’« Anti manuel d’économie » de Bernard Maris, dans lequel ce dernier explique que l’économie se résume à un partage des richesses. À méditer !

Myriam Blal