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Petite histoire du sandwich

2,35 milliards : c’est le nombre de sandwichs vendus en France en 2016, selon une récente étude de Gira Conseil. Idéal pour nos modes de vie contemporains, le plus répandu des produits snacking est aussi ancré dans les traditions française et anglo-saxonne. Petite histoire.

Le sandwich avant Sandwich

La légende attribue la paternité du sandwich à l’anglais John Montagu, quatrième comte de Sandwich, en 1762. Ce joueur passionné, ne voulant pas quitter sa table de jeu pour se restaurer, aurait eu l’idée de se faire servir de la viande froide entre deux tranches de pain. Selon une autre version, c’est sa table de travail et non une table de jeu, que John Montagu, alors membre du gouvernement, n’aurait pas voulu abandonner. Les bonnes mœurs de l’homme d’Etat sont ainsi sauves !

Quoiqu’il en soit, beaucoup s’accordent à dire que le comte de Sandwich n’a fait que donner son nom à une pratique connue depuis l’Antiquité. On consomme en effet des sandwichs « sans le savoir » depuis que le pain existe. D’après la Bible, la Pâques juive est célébrée en mangeant deux plaques de pain azyme garnies d’herbes. Les Egyptiens utilisaient souvent les tranches de pain comme support pour consommer fromages de chèvre et poissons fumés ou séchés, le tout arrosé d’huile d’olive. Des textes anglais du 16e siècle font mention de bread and meat (pain et viande) en guise d’en-cas. Enfin, Louis XIV mit à la mode des sandwichs composés de petits pains briochés ronds garnis d’une farce de volaille, qu’on emportait lors des parties de chasse.

De l’Angleterre à la France

A la suite de lord Sandwich, la consommation de ce produit se répand en Angleterre, puis aux Etats-Unis au 19e siècle. Il est tout d’abord réservé à une élite, aristocrates ou hommes d’affaires, dans les cercles et clubs (d’où le « club sandwich » inventé dans un club de jeu de Saratoga, USA). En 1928, l’invention d’une machine permettant la production industrielle de pain prétranché contribue à la démocratisation du sandwich (à base de pain de mie) aux USA. Parallèlement, la restauration rapide se développe. Les fast-food, centrés sur le sandwich et particulièrement le burger, prennent leur essor dans les années 50.

Si, chez les Anglo-saxons, le sandwich constitue un véritable repas au déjeuner comme au dîner et peut se consommer à domicile, en France, jusqu’à une époque récente, il était assimilé à un casse-croûte pris par les ouvriers pendant leurs pauses ou à un pique-nique consommé lors d’un voyage. Dans les années 1930, il est donc très populaire chez les ouvriers français qui le mangent à l’usine ou au bistrot, accompagné d’un verre de vin. Taillé dans de grandes miches de pain, le sandwich est alors garni de pâté, saucisson ou fromage. Après guerre, avec le boom économique et la modification des modes de vie, la consommation du sandwich se généralise à toutes les classes sociales. Il se raffine : la baguette se substitue au gros pain et le jambon au pâté, les crudités font leur apparition. Aujourd’hui, pains du monde et recettes ethniques permettent de varier les sandwichs pour une consommation en toute occasion (au bureau, en balade, au restaurant…).

L’indétrônable jambon-beurre

Monument du patrimoine gastronomique, le jambon-beurre ou « Parisien » est le sandwich le plus consommé en France (1,2 milliard vendu en 2016). Casse-croûte des hommes forts des Halles de Paris à la fin du 19e siècle, il se composait à l’origine de jambon à l’os, saumuré et cuit dans un bouillon. Indémodable, il est toujours présent dans les boulangeries-pâtisseries, en version classique ou revisitée.