Les Nouvelles de la Boulangerie

Rendez-vous INBP / Thomas Marie : de MOF à coach

En remportant le titre d’Un des Meilleurs Ouvriers de France à 26 ans seulement, Thomas Marie s’était alors distingué par la qualité de son savoir-faire, sa grande créativité et son haut niveau professionnel. Aujourd’hui, il vient de faire ses preuves en tant que coach, en hissant deux jeunes boulangers français sur un podium européen. Rencontre d’un tout juste trentenaire.

Comment devient-on coach ?
Cette fonction s’inscrit dans la logique de tout un parcours. Je peux vous exposer brièvement le mien. Mes parents, pâtissiers installés en Haute- Saône, m’ont toujours dit « Le bac avant la boulangerie ». En bon fils, j’ai obéi… et décroché un bac gestion, ce qui m’a permis d’intégrer le CFA BPF de Rouen pour préparer mon CAPBEP de boulangerie. Plus tard, j’ai préparé un brevet de maîtrise, puis un CAP pâtissier toujours à l’INBP avant d’y être embauché comme formateur.
Entre-temps, j’ai multiplié les expériences professionnelles, en tant qu’ouvrier ou responsable en France, mais aussi au Québec. Puis dès 24 ans, je me suis lancé dans la grande aventure du concours MOF. Dans la foulée, j’ai coécrit un livre de recettes avec Sébastien Odet. En tant que formateur INBP, j’interviens partout en France, mais aussi en Egypte, au Guatemala, au Brésil… Et ma curiosité m’a poussé à voyager pendant un an, à titre personnel, en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle Calédonie et au Japon. Voilà, de quelle façon mon parcours m’a permis, à mon tour, de coacher de jeunes talents. En quoi a consisté votre rôle de coach auprès des deux jeunes champions ?
Sur une durée de 4 mois, j’ai préparé Anthony Barralon et Valentin Lecoeur, meilleurs jeunes boulangers de France, au 40e Championnat européen des meilleurs jeunes boulangers qui a regroupé fin janvier en Suisse, 18 candidats de 9 pays. La production demandée était importante, ce qui obligeait à adopter un rythme très soutenu et à respecter un timing prédéfini. Le programme prévoyait une production en 5 heures de près de 200 pains, petits produits au froment, produits en pâte levée sucrée, frivolités danoises et une pièce d’exposition sur le « monde des animaux », mêlant recettes et formes différentes. Nous avons établi un planning hyper détaillé, travaillé sur la créativité et les recettes. Je leur ai appris à gérer leur temps et surtout à en gagner, à bien s’organiser, à respecter les règles d’hygiène, à se concentrer aussi.  
Quel type de coach êtes-vous ?
C’est toujours difficile de parler de soi. Je pense être un coach qui sait imposer une nécessaire rigueur. Je suis autant attentif à la préparation professionnelle que mentale. Voir évoluer des jeunes, les motiver, les amener le plus haut possible : c’est la continuité de mon métier de formateur. En revanche, le jour du concours, on ne peut pas se substituer à eux. C’est parfois frustrant, on voudrait leur prêter nos propres mains ! Mais il faut faire confiance, de part et d’autre. Anthony et Valentin sont arrivés avec de très bonnes bases : ils ont ensuite profité au maximum de mes séances de préparation. Enfin, être coach, c’est une autre façon de concourir, dans les coulisses, à travers ceux qu’on a préparés et une bonne raison de se réjouir de leurs performances et résultats. Ce travail d’accompagnement apporte beaucoup de satisfaction. Pour autant, les vedettes restent avant tout les lauréats : il ne faut pas s’y tromper !