Les Nouvelles de la Boulangerie

Tendance alimentaire : 9 Français sur 10 consomment du bio !

La malbouffe n’est pas une malédiction. De plus en plus de nos concitoyens en prennent conscience et, aujourd’hui, force est de constater que de nombreux consommateurs – tendance qui tend encore à se développer – deviennent de plus en plus exigeants et souhaitent être davantage acteurs de leur alimentation. L’assiette devient ainsi une revendication plus citoyenne et plus engagée pour des clients toujours plus « activistes ». Cette situation est d’autant plus d’actualité que les scandales alimentaires et rappels de produits pour cause de listeria et autres salmonelles se multiplient ces dernières semaines. Face à cela, le retour a une alimentation plus saine se fait de plus en plus prégnant comme le prouvent les résultats du 19ème Baromètre de consommation et de perception des produits biologiques réalisé par Agence BIO/Institut CSA.

Le 19e Baromètre de consommation et de perception des produits biologiques Agence BIO/Institut CSA révèle que, malgré l’émergence de promesses produits similaires au bio, la confiance des Français dans les produits issus de l’agriculture biologique augmente et le label AB reste la référence majeure du bien manger en France. De plus, cette année encore, de moins en moins de consommateurs sont freinés par le prix des produits bio, notamment chez les Français à moindre pouvoir d’achat. L’étude révèle également que près de 1 Français sur 2 estime ne pas avoir suffisamment d’information sur le bio.

Une confiance croissante

Première information de cette étude, 9 Français sur 10 consomment du bio (91 %). Malgré une légère baisse des nouveaux consommateurs (11 % en 2021 contre 15 % en 2020), cette dernière édition du Baromètre de consommation et de perception du bio souligne une hausse du nombre de Français qui consomment du bio plus régulièrement, que ce soit au moins une fois par mois (76 % contre 73 % en 2020) ou au moins une fois par semaine (52 % contre 47 %). La première motivation à la consommation de produits biologiques reste la préservation de la santé (27 %) et la préservation de l’environnement (13 %).

L’étude démontre également que bio est synonyme de plaisir gustatif pour les Français puisque le goût est le principal critère d’achat de produits bio (important pour 95 % des Français). Et les Français sont majoritairement sensibles aux mentions portant sur la composition des produits alimentaires qu’ils achètent, notamment celles sur la naturalité de la matière première (presque toutes garanties par le label bio).

Le prix n’est plus un frein

L’étude souligne, en outre, que de moins en moins de Français renoncent au bio à cause du prix (-3 points). Ce recul du frein pécunier est particulièrement marqué chez les jeunes, que ce soit les 18-24 ans (60 % le citent en 2021 contre 83 % en 2020) ou les 25-34 ans (64 % en 2021 contre 75 % en 2020). De même, cette dernière édition révèle une baisse du frein prix chez les Français plus modestes (74 % en 2021 contre 77 % en 2020) et inactifs (69 % en 2021 contre 73 % en 2020).

Pour une large majorité des Français, le bio est une filière d’avenir : outre la contribution à la préservation de l’environnement (87 %), de la biodiversité et des bienfaits pour leur santé

(82 %) les Français sont également de plus en plus convaincus que l’agriculture biologique est une source d’emplois sur le territoire (76 %).

Un marché plus local

Les Français diversifient davantage leurs sources d’approvisionnement en produits biologiques, privilégiant l’origine française des produits (93 %) : cette dernière édition du Baromètre souligne un recul de l’achat bio en grande surface depuis 2 années consécutives (69 % en 2021 contre 74 % en 2020 et 77 % en 2019) au profit des marchés locaux (35 % en

2021 contre 26 % en 2020) et des achats effectués directement auprès des artisans (31 % contre 25 % en 2020).

Manque d’informations

Si 94 % des Français déclarent connaître le label AB et lui font largement confiance (91 %), l’étude révèle que seul un Français sur deux s’estime suffisamment informé sur ce qu’il garantit et notamment sur la règlementation de l’agriculture biologique et les contrôles des produits qui en sont issus.

Ce manque d’informations pourrait contribuer à obscurcir les perspectives de consommation du bio : si 12 % des Français consommateurs de bio déclarent vouloir augmenter leur consommation à l’avenir, une tendance qui s’accentue chez les consommateurs réguliers de bio (14 %), l’étude souligne une légère baisse du nombre de consommateurs quotidiens souhaitant maintenir leur niveau d’achats en produits bio (77 % en 2021 contre 80 % en 2020). Une tendance tandis que seulement 9% souhaitent la restreindre.

Par ailleurs, l’étude révèle une forte attente des Français pour une offre bio hors domicile, notamment pour la restauration scolaire (82 %), la restauration d’entreprise (75 %) et restauration classique (74%). Près de 1 Français sur 8 déclare avoir entendu parler du bio au restaurant, alors que les restaurateurs ne mettent que 2% de bio dans leurs menus, preuve que tout reste à construire sur ce circuit de distribution pour qu’il joue pleinement son rôle de relai de croissance et de vitrine du bio en France.

« Cette étude démontre l’exigence croissante des Français dans leur alimentation. La prise, de conscience de l’urgence écologique est bien réelle et se reflète sur leurs habitudes de consommation : produits locaux, sans pesticides, de saison, limitation des pertes et du gaspillage et respect de la condition animale…L’engagement en faveur du mieux manger est une préoccupation grandissante des Français », analyse Virginie Huet, co-directrice du Département Retail & FMCG à l’institut CSA. Pour Laure Verdeau, directrice de l’Agence BIO, « ce baromètre démontre qu’il est plus que jamais nécessaire de lancer une grande campagne d’information globale, pour répondre à l’attente et aux besoins d’information des Français sur les garanties et bienfaits du bio. Rappelons que l’agriculture biologique est le fer de lance de la transition écologique et alimentaire et, à ce titre, doit être un moteur de la transition écologique et alimentaire des Français ».