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Thomas Maurey, président directeur général des Moulins Familiaux

 » Le pain n’est plus un aliment de base, mais un produit de santé, de bien-être et nutritionnel.  »

1) Pouvez-vous nous présenter Les Moulins Familiaux (LMF) ainsi que leur place en quelques chiffres sur le marché français ?

Les Moulins Familiaux sont une union de moulins indépendants composée de quatre membres : les Moulins de Chars, les Moulins de Chérisy, le Moulin de Paul Dupuis et le Moulin de Brasseuil qui est dédié au bio. On écrase 10 000 tonnes par an avec une vraie vocation boulangerie et une stratégie de développement de l’artisanat sur des créneaux qualitatifs : écologique et biologique avec une gamme de farines large répondant aux besoins de la boulangerie artisanale.

2) Vous êtes très engagé dans la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), pourquoi ?

Depuis un an, nous sommes vigilants et motivés par l’aspect RSE. Nous essayons d’être le plus pragmatique possible. Nous disposons d’un tableau de bord pour mesurer notre impact environnemental : recyclage, politique d’achat, recherche du local, renouvellement de la flotte automobile en hybride… Concrètement, pour nos achats de blé, le préambule est naturellement la qualité. Mais à choix égal, nous choisissons les terroirs les plus proches. Il en va de même pour notre production bio, car cela n’a de sens que si l’on reste dans une logique de proximité. Le bio correspond à un mouvement de fond et c’est à nous de créer les filières entre agriculteurs et boulangers et de fidéliser les fournisseurs régionaux. Pour le bio, il y a deux écoles : ceux qui donnent du sens à leur production en privilégiant les valeurs avant tout, et ceux qui y voient uniquement une opportunité de faire de la valeur ajoutée.

3) Vous privilégiez les circuits courts, la proximité comme avec la marque « Mangeons Local en Île-de-France », mais aussi la transparence et la traçabilité. Pensez-vous que ce soit des démarches essentielles pour le consommateur ?

Nous avons été parmi les premiers meuniers franciliens à être labélisés et cela a été assez facile de basculer dans le cahier des charges. Il ne faut pas oublier que le vrai décideur, c’est le consommateur. Aujourd’hui, il veut savoir d’où vient son alimentation et comprendre ce qu’il a dans son assiette. Il est prêt à payer plus cher, mais au même prix, il préférera le local. C’est pour cela qu’il est indispensable de bien informer le consommateur. Ceci nous oblige à produire une farine de qualité et de proximité, ce qui est une vraie fierté. On retrouve notre métier d’il y a 30 à 40 ans et on se sent vraiment meunier.

4) Pouvez-vous nous expliquer la philosophie de la marque « Artisan Bio » et son intérêt pour les artisans boulangers ?

Nous avons mis cela en place en 2010. C’était de l’ultra niche et aujourd’hui ça devient la norme. Les boulangers veulent faire de la qualité et comprendre ce qu’ils achètent. Nous sommes là pour les accompagner dans cette démarche et leur permettre de passer leur production au bio, tout en associant la qualité à une large gamme de produits avec notamment de nombreux pains spéciaux. Notre but, c’est avant tout de mettre en valeur les savoir-faire des artisans boulangers.

5) LMF sont à l’origine de la création de l’Académie des Moulins Familiaux. Comment cela fonctionne-t-il et quel en est le but ?

On faisait des périodes d’apprentissage et on a voulu passer à une phase expertise avec des formateurs internes et externes avec un plan de formations à l’année en petit comité où les artisans mettent la main à la pâte. L’idée est d’aller très loin dans l’expertises dans des domaines très variés comme le management, les ressources humaines, les techniques de vente, ou encore le snacking. On veut apporter des solutions rentables, tout en maintenant la qualité. En moyenne, nous organisons 35 sessions et recevons 400 stagiaires par an.

6) Quelle analyse tirez-vous des nouveaux modes de consommation du pain ?

Le pain n’est plus un aliment de base, mais un produit de santé, de bien-être et nutritionnel comme le montre le développement du petit épeautre, ou encore celui des pains gourmands ou aux graines. Ce changement est intervenu depuis plus d’une dizaine d’année avec une accentuation depuis 4 ou 5 ans. Les boulangers qui progressent sont ceux qui ont su prendre le bon train au bon moment. Je suis très optimiste quant à l’avenir de la boulangerie artisanale qui a su se remettre en question avec de nouveaux concepts et un vrai renouvellement de son offre de produits.

7) Quels sont vos futurs axes de développement ?

Ces axes sont au nombre de quatre : le bio, le local, le pain nutrition et la formation. Nous commercialisons et développons depuis 3 ans également de nouvelles farines avec des blés anciens.