Les Nouvelles de la Boulangerie

« Une bonne sécurité au travail rend plus heureux et donc plus performant »

François Fougerouze, ingénieur conseil national à la Caisse Nationale d’Assurance Maladie – Risques professionnels

L’Assurance maladie mène depuis des années des campagnes et actions incitatives auprès des entreprises pour les aider et les accompagner dans leurs démarches d’amélioration des conditions de sécurité des personnels. Ces reconductions sont-elles indispensables ?

C’est un chantier permanent parce que les moyens et possibilités d’améliorer les conditions de sécurité évoluent. Et puis, l’artisan sensibilisé aujourd’hui n’est pas le même qu’il y a un an ou dix ans. Des entreprises se créent tous les jours et elles n’ont pas encore reçu notre message et ne connaissent pas forcément les soutiens que nous pouvons leur apporter. Sinon, depuis 70 ans que nous menons ce genre d’actions, nous constatons une nette amélioration de la sécurité dans les entreprises.

Mais ce travail, n’est pas vraiment votre métier de base. Comment faites-vous pour formuler des propositions pertinentes en ce domaine ?

Tout d’abord, avec le temps, nous avons acquis une véritable connaissance et expertise en la matière. Et puis, nous travaillons en étroite collaboration avec des organismes spécialisés sur ces questions, comme l’Institut national de la recherche en sécurité (INRS) avec qui nous nous concertons pour faire nos choix quant aux priorités à arrêter et aux équipements à subventionner.

Est-ce cependant votre mission de mener ce travail ?

Oui, car les arrêts de travail et les maladies professionnelles ont un coût, un coût même plutôt conséquent pour la collectivité. Et en l’occurrence pour l’Assurance maladie. Aussi, s’intéresser et agir pour les prévenir, les diminuer, permet de réduire l’addition.

Ce ne sont pas moins de 300 millions d’euros que vous affectez au programme de prévention que vous venez de reconduire et dont peuvent bénéficier les boulangers pâtissiers. Ce n’est pas rien… 

En effet, c’est une somme importante, mais sans mettre les moyens suffisants, on ne parvient pas à aider comme il le faut les commerces pour qu’ils parviennent à améliorer leur sécurité.

Combien d’entreprises aidez-vous chaque année ?

Plus de 100 000 et cela donne des résultats probants.

Quels sont les personnels les plus exposés aux risques d’accidents ?

Les jeunes. Ils ont peu d’expérience et ne connaissent pas toujours les mesures de sécurité à appliquer. À cela s’ajoute pour eux les risques plus élevés d’accidents de trajet entre leur domicile et l’entreprise. Nous menons d’ailleurs auprès d’eux, en collaboration avec la Sécurité Routière, des campagnes de sensibilisation sur ce point.

De quelle façon aidez-vous les artisans à effectuer un diagnostique de leurs besoins ?

Il y a tout d’abord les documents mis en ligne sur notre site Internet ameli.fr. De plus, nos 250 ingénieurs et 500 contrôleurs sont à leur écoute et disposition pour les renseigner et les guider. Qu’ils n’hésitent pas à prendre contact avec eux.

Ces programmes n’ont-ils pas également un impact positif sur le moral du personnel ?

C’est indéniable ! Cela montre qu’il est considéré, que l’on se soucie de son bien-être et de sa santé. Cela renforce la cohésion et l’adhésion à un objectif commun. Une bonne sécurité au travail rend plus performant et plus heureux. Et c’est donc bénéfique pour l’entreprise et ses résultats.